Arequipa Frontière Pérou – Chili

Jan 16
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L’arrivée à Arequipa se fera à 5h du matin, après une dernière nuit en bus pour moi. Il fait doux, voire chaud et ce n’est pas pour nous déplaire.

La visite de la ville est agréable, et malgré la fatigue, on pousse la visite jusqu’au musée Sanctuarios Andinos  afin de voir la « princesse de glace ». C’est l’histoire assez incroyable d’une momie de fillette retrouvée le 8 septembre 1995 dans la calotte glaciaire du Nevado Ampato, à 6 380 mètres d’altitude, par le guide péruvien Miguel Zarate et l’archéologue américain Johan Reinhard. Cette dernière aurait fait les frais d’un énième sacrifice Inca.

Elle a été tuée afin d’être offerte aux dieux, entre 1450 et 1480, à l’âge approximatif de 11-15 ans. De nombreux éléments ont été trouvé auprès d’elle (vêtements, objets décoratifs, ustensiles divers … et ont apporté un nombre d’informations jusqu’alors inconnus du monde scientifique). Surnommée Juanita, on l’observe à travers son cube vitré et réfrigéré. Il est interdit de prendre des photos. La visite guidée est en français, très intéressante.

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Ce sont mes derniers jours en Amérique Latine, et je dois partir dès le lendemain pour le Chili, afin de prendre un premier avion à Arica (petite ville perdue proche de la frontière Chili) pour aller à Santiago, d’où je prendrais mon vol pour Auckland. Entre la théorie et la pratique …

Je me présente donc à la gare routière d’Arequipa afin de prendre un bus pour Tacna, dernière petite ville avant le Chili. Je pars donc vers midi, et je suis censée arriver vers 18h. Ce que je sais, c’est que la frontière ferme à 22H et rouvre le lendemain à 7H, qu’il y a deux heures de décalage avec le Chili (+ 2 heures), et que mon avion part le lendemain matin à 6H. Donc globalement, je dois arriver avant 20H à la frontière.

Une petite panne de bus mettrait bien du piquant à tout ça, non ? C’est donc à 15h qu’on se plante au milieu du désert, par une chaleur de gueux, et que le chauffeur et son acolyte se mettent à trifouiller les fusibles. On dirait qu’ils ont révisé le sketch ensemble …

Bref, ça dure une bonne heure, je sautille sur place pour qu’ils m’ouvrent la soute et me donnent mon sac, mais ils m’ignorent totalement ! Je suis agacée comme jamais, je stresse, et je suis la seule au milieu de tous les péruviens groggys par la chaleur. A 16h, ne tenant plus, je monte dans le bus et appuie sur tous les boutons. Le chauffeur braille comme un putois mais je récupère rapido mon sac tandis que la foule s’affole devant les soutes entrouvertes. Pire qu’un jour de solde. J’ai foutu un beau merdier, mais mon idée était de toute façon de partir de là :mrgreen:

Les environs sont désertiques, même pas un cactus, un buisson rachitique, rien … C’est le néant. Cependant, quelques poids lourds passent de temps en temps. Chanceuse, je n’ai pas à attendre plus de deux minutes, je lève le pouce et il s’arrête illico. Je trottine à sa rencontre, tandis que deux péruviennes aperçues brièvement dans mon angle mort se mettent en course elles aussi. Bref, je passe la seconde et arrive à temps, de plus le chauffeur va exactement là où je veux aller ! Elles crient pour venir aussi, mais le routier refuse, il n’a pas le droit à plus d’une passagère.

Nous sympathisons, animal pas très bavard mais je ne ferai pas la fine bouche vu les circonstances. Je lui pose quelques questions, il répondra par des sons que j’interprèterai à mon goût pour un OUI ou un NON. Le camion transporte du sel et se révèle très lent. Nous ne dépassons pas les 25 à l’heure dans les côtes, je trépigne d’autant plus. Mon Gégé me dit que nous y serons pour 18h, au plus tard 19h. J’ai du mal à y croire … Les paysages sont magnifiques, que faire d’autre à par en profiter un petit peu ?

Toutes les voitures nous doublent, j’ai misé sur le mauvais cheval. Même les autres poids lourds nous dépassent sans peine. Je lui explique ma panique, mais il sourit, me dit que ce n’est pas grave ! Mon stress redouble face à son Peace and Love irritant. Si je ne passe pas la frontière ce soir, je loupe mon vol de demain matin, puis je loupe mon vol pour la Nouvelle Zélande, ce qui risque de coûter très cher à repayer (un bon 1500 euroS facile je pense). A prix là, je m’accorde le droit de paniquer.

La nuit tombe, nous sommes toujours aussi lents, et je ne rêve que d’une chose : vider tout le sel sur la route … Mais le summum fut lorsqu’un bus de la compagnie Florès nous a doublé : avec tous mes compagnons de misère dedans … Tout ça pour rien !!! Et maintenant, ils sont devant, argggg  😡 !!!

 

Nous arrivons enfin à Tacna, il me dépose au bord de la route en m’indiquant un taxi… En route pour le terminal international de bus, viiiiiiiteeee ! J’ai viré hystérique depuis une petite demi-heure, mais peu importe, je veux passer cette putxxx de frontière ! Nous sommes 19H30. Déposée au terminal, je cours à la rencontre du premier pélos venu afin de savoir où me diriger. Mais vu que les péruviens sont des petits plaisantins, devinez quoi ? Je ne suis pas au bon terminal !!! Je monte donc à bord d’un tuc-tuc (= moto abritée ayant deux places arrières, un peu comme en Asie), direction le bon terminal, sur un ton qui ne lui permettait pas de se tromper ! Je me demande à ce moment là si je ne vais pas finir sur un poney …

Et là, je tombe enfin sur un péruvien qui semble bien informé : non la frontière ne ferme pas à 20H mais 22H du côté du Pérou, et donc minuit pour le Chili. Moi je pensais que la frontière fermait à 20h côté Pérou et 22H côté Chili. Une erreur de l’office de tourisme d’Arequipa qui m’aura coûté 5 ans d’espérance de vie, mais heureusement tout fini bien.

Je grimpe dans un mini bus collectif et je passe la frontière pratiquement sans encombre, arrive enfin à Arica, mange un petit bout et hop, avion à 6h le lendemain … Je suis prête pour Pékin Express …

 

4 Commentaires sur “Arequipa Frontière Pérou – Chili”

  1. J’adore ! J’étais pendue à chaque ligne en attendant de connaître la fin de l’histoire ! Merci ! Et bravo !

    Cécile
    Jan 16, 2013
  2. ahaha beau récit, tu m’as bien fais rire 😉 Mais j’imagine facilement ta panique, j’aurai eu la même !

    Jan 16, 2013
  3. Juste un mot pour réctifier,
    Musée Andinos,
    Juanita n’est pas une momie, mais un corps congelé retrouvé dans un volcan proche du canon de Colca.

    jeanmi26
    Jan 18, 2013

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