Lombok, île de contrastes

Mai 3
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Je vais rester une semaine environ sur Lombok, où je fais la  connaissance de Myrte dès mon arrivée à Senggigi. Elle est Hollandaise et recherche une personne avec qui voyager pour partager les frais et surtout avoir moins peur sur cette île à la réputation mitigée.

Le matin même, lorsque j’étais encore sur Gili Air, j’ai discuté avec une autre Hollandaise qui m’a raconté tous les problèmes qu’elle a rencontré à Lombok. Il est possible de faire en trois à quatre jours l’ascension d’un volcan (volcan Rinjani), mais uniquement avec une agence (incluant guide, porteurs, etc …). Elle avait regardé les commentaires laissés par les précédents clients sur internet à propos de l’agence choisie = que du positif… A la fin de la seconde journée d’ascension, il s’est mis à pleuvoir, et les ponchos inclus dans l’équipement fournis par l’agence avaient été oubliés ! Le petit groupe s’est trempé. A la fin de la troisième journée, le porteur (qui a toujours de l’avance afin de planter les tentes) n’était pas au point de rendez vous. Quiproquo sur le lieu, mais le petit groupe a dormi en plein air, glacé par les températures d’altitude. A préciser que dans cette zone là, c’est même dangereux en raison de risque d’hypothermie. Arrivée au sommet, la fille était tellement glacée et en colère qu’elle n’a même pas pu savourer l’instant. Elle n’a pu récupérer que 200€ sur 300.  Je reste perplexe.

De mon côté, on m’a indiqué un mauvais horaire pour le Fast boat que je voulais prendre, mais on me propose de payer le double pour grimper dans un autre. Je refuse, je tourne en rond, je tente de négocier, rien à faire. C’est ça ou rien. Agacée, je monte, fatiguée de ce paysage vide de confiance, brouillé par l’élément marchand.

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Myrte et moi-même quittons Senggigi sous la pluie. Première étape de notre circuit sur Lombok : Kuta (il existe Kuta à Bali, et Kuta à Lombok). Village de pêcheurs qui a gardé une âme et beaucoup de charme, nous ne trouvons quasiment aucun touriste. Ici, le village est construit en partie sur la plage, constitué de paillotes en bois. Alignées face à l’océan Indien, les gens y semblent pauvres mais ne souffrent ni du froid ni de la faim. Certains enfants mendient automatiquement dès qu’ils nous voient, mauvais réflexe inculqué par les parents. Comment les juger ?

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Nous longeons la plage au hasard, avant de grimper une petite colline afin d’y voir les alentours à 360°. Le coucher de soleil sera magnifique. La marée basse fait de la plage un patchwork de miroirs roses et oranges, je suis épatée. Le pont qui nous a conduit jusqu’ici est dangereux, je traverse tant bien que mal tandis que Myrte fera un détour. Cette première journée à Lombok est une réussite, les paysages sont au rendez vous.

 

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A la recherche d’un chauffeur pour le lendemain (seul moyen de déplacement hormis le scooter que nous ne pouvons pas prendre en tenant compte de nos gros sacs à dos), les prix que l’on nous propose vont du simple au double. Difficile d’avoir de vrais repères. Je négocie ferme et nous partons le lendemain pour Tetebatu, petit village au cœur de Lombok. Ici, les touristes viennent au compte goutte et ça se sent. Nous sommes un peu des extraterrestres.

Le bungalow traditionnel loué pour 2 nuits : c’est un ancien grenier à riz. La salle d’eau est en bas et la chambre à l’étage, avec un petit balcon donnant vue sur les montagnes.

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Nous décidons de louer un scooter pour la journée, Myrte monte derrière moi, mais n’a pas peur du tout contrairement à Jérôme, mon précédent passager 🙂  Nous allons voir des cascades, où nous serons prises en photos par des jeunes du coin (ils ont des téléphones avec appareil photo). Ces derniers sont sur-excités et ne nous laissent pas le choix, nous sommes encerclées pour faire la photo. Cela nous fait vraiment rire, nous sommes l’attraction générale.

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Nous roulons autour de Tetebatu et les rizières ne manquent pas. Avec ce beau soleil, les champs gorgés d’eau sont de vrais miroirs et les paysages sont incroyables. J’avais rarement vu quelque chose d’aussi époustouflant et dépaysant depuis le début de mon voyage.

 

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Les routes sont bien abimées et la balade est parfois sportive (gros trous, cailloux, boue …).

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Des écoliers nous disent bonjour

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Au sein du village, une petite cérémonie célèbre un mariage. On notera que toutes les femmes sont sous Prozac tandis que les hommes sont à contrario très joyeux !

 

Session culturelle avec la visite d’un atelier de poterie, où les objets sont vendus à des prix étrangement élevés (atelier qui a l’habitude d’accueillir des touristes je suppose), mais également un atelier de confection de tissus (sarongs, batiks… ). Myrte et moi-même prenons place derrière l’outil qui sert à confectionner les sarongs et à assembler les fils de différentes couleurs. J’essaye deux minutes, et c’est vraiment compliqué en plus d’être physique !

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Fabrique de tissus

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Un peu plus tard, nous nous rendons à Rambitan, un village traditionnel « Sasak ». Les Sasaks représentent le peuple originel de Lombok. Une vieille dame nous fait visiter sa maisonnette, le guide nous encourage à lui donner un petit quelque chose … Mouais… Un cabanon abrite quelques tissus et souvenirs, nous n’achetons rien. A la fin de la visite, signature dans la le livre d’or, et l’enfant qui a tendu le livre nous agite la boite à dons sous le nez. Allez, c’est d’accord, on craque et cette fois-ci, on sort le portefeuille.

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Souhaitant faire une étape à Senaru, la route Tetebatu – Senaru va durer 4 heures. 4 longues heures à travers les montagnes, avec des virages, des bosses, des trous, des macaques qui traversent et qui obligent le conducteur à piler… Nous sommes flapies et l’après midi sera essentiellement consacrée à « ne rien faire ». Un programme assez rare chez moi, ce qui fait que le lendemain, nous nous mettons de bonne heure en marche vers des cascades, réputées les plus belles de Lombok.

Le responsable de notre hébergement ne nous lâche pas depuis la veille : Quand est ce que vous allez aux cascades ?  Il veut absolument vendre ses services de guide. Dès qu’il nous voit, c’est la même question « Où allez vous ? ». Dans le village, même cinéma. Les gens nous certifient que l’on ne peut pas y aller sans guide, on risquerait de se perdre. Nous sommes harcelées, je commence à en avoir ras la casquette.

Nous décidons d’y aller sans guide, on verra bien. Au moment de demander à certains où  se trouve le début du sentier, on nous raconte que les cascades n’existent pas. Après quelques minutes, on trouve l’entrée. Le sentier est quotidiennement piétiné, il est plus que facile à suivre. On ne comprend pas pourquoi nous aurions besoin d’un guide. Des gens en chemin veulent être nos guides, nous refusons mais ces derniers se mettent à marcher avec nous, on tente de mettre de la distance et de leur dire « non » très clairement, même en Indonésien (tidak). Après 5 minutes sans nous adresser un mot, ils réclament de l’argent. On s’y attendait et on refuse net, mais une fois de plus, nous voilà dans une situation pénible.

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Les premières cascades une fois atteintes, nous enchaînons sur d’autres à une demi heure de là. Cette fois ci, nous engageons un guide, car il parait qu’il y a un endroit compliqué. Cet endroit est une traversée de rivière à laquelle je ne m’attendais pas, peut être le truc le plus dangereux que j’ai pu faire de mon voyage. Une peur pas possible. La traversée se fait à hauteur de genoux, parfois agrippée à des pierres semi couvertes d’algues, rendant tout cela très glissant. D’autant que je suis en tongs, et que le courant n’aide pas à la stabilité. Chaque pas est un supplice où je me demande ce qui serait le plus souhaitable en cas de chute : une cheville foulée, un poignet fracturé ??? Vaut-il mieux privilégier le moins douloureux OU le plus court à guérir ? Mondial Assistance tiendra t-il ses promesses ???

Tout est bien qui finit bien, je m’en sors sans chute mais pas question de recommencer un truc pareil. Les cascades sont (heureusement !) magnifiques et puissantes.

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Un peu fatiguée de l’ambiance de Lombok, nous décidons de retourner à Senggigi, ville d’où part le bateau pour retourner sur Bali. Il nous faut un chauffeur, mais les prix du village de Senaru sont farfelus. Une personne nous annonce 25 euros, une autre 40 euros (!) et nous certifie que nous ne trouverons pas mieux.  5 maisons plus loin, nous engageons notre chauffeur pour 20 euros.

Je me sépare de Myrte qui continue son voyage vers l’île de Komodo. Bonne route Myrte !

Le chauffeur me dépose au bureau de la compagnie de Fast Boat « Marina srikandi ». Je souhaitais être déposée directement à l’embarcadère mais les employés de l’office me disent qu’il n’y a qu’ici qu’il est possible d’acheter son ticket. Bizarre pourtant, c’est toujours possible à l’embarcadère.

Me voici dans le bureau,souhaitant acheter mon ticket juste pour la traversée (Senggigi – Padangbai). Le responsable me demande où je vais après car il veut me vendre un ticket de bus en plus. Je lui réponds que je ne sais pas encore et que je souhaite rester peut être à Padangbai. Il me dit qu’il n’y a pas de logement là bas, qu’il ne faut pas y rester. Mais je connais cet endroit, il y a plein de logement et c’est un village sympathique ! Vexé devant ses amis, il s’énerve, semble très macho et ne veut plus me vendre mon ticket.

Je reste impassible et demande mon ticket. Il parle en Indonésien à un type qui semble s’en aller vers l’embarcadère, et me dit d’acheter mon ticket auprès de lui. Je demande le prix. Ca discute en Indonésien, les plus jeunes font une drôle de tête. Le prix annoncé est de 24 euros. Quoi ? A l’aller, j’ai payé 14 euros ! Je commence à bouillir, et le mec m’annonce 20 euros. Ah bon, ca change tout d’un coup ? Je comprends que le mec, piqué dans sa fierté, tente de me voler aux yeux de tous, se foutant carrément de ma gueule, et là, trop c’est trop. Mon tempérament prends le dessus et j’explose de colère. Il va prendre pour tous les autres, en français et en anglais, et c’est bien dommage de ne pas parler Indonésien dans ces moments là. Je suis hors de moi, toute l’assistance ferme son clapet, tandis qu’il m’annonce que son premier prix incluait un bus…. Son attitude change car il a peut être peur d’avoir des ennuis.

Je rattrape l’autre type qui me vends le ticket au prix habituel, m’expliquant ce que j’avais bien compris, le mec lui a demandé de gonfler le prix, mais aucun bus n’était inclus. Quel enfoiré !

Mon arrivée à Padangbai, une heure plus tard, me donne envie de reprendre direct le petit logement sympa qu’on avait trouvé avec Jérôme, et de rester là une nuit ou deux. A la descente du bateau, les rabatteurs se font insistants, envahissants et l’un d’entre eux me suit. Je le remercie, pas aujourd’hui. A la question « Où voulez vous aller après ? » j’ai le malheur de répondre «  Peut être Sidemen » Et là, il me colle, me propose différents tarifs alors que je suis en train de marcher vers mon hébergement. Je traverse le place principale, et une fois pour toute, je me retourne en lui disant «  non merci, arrêtez de me suivre s’il vous plait ». Sa réaction sera surprenante pour tout le monde : il m’a décoché un coup de pied sur la hanche, j’en suis resté bouche bée, ne sachant pas si j’allais poser mon sac et bondir comme un lion, ou bien pleurnicher comme une fillette, fatigue aidant… Ce sera l’option 2, tandis que les Balinais m’invitent à aller à la Police. Bon ya pas mort d’homme non plus, mais tout de même … Ils m’expliquent que cet homme est détesté par tout le village, et que c’est un Chinois, pas un Balinais. Si je le dénonce, il fera entre 2 à 6 mois de prison, certains m’annoncent même jusqu’à 1 an. Ici, la police ne plaisante pas avec les agressions de touristes.

Je décide d’aller me reposer dans ma chambre, et je laisse tomber cette histoire de police. Une lourde peine pour un coup de pied. Quelle conscience aurai-je après ça ? Bref, mauvais horoscope aujourd’hui. Je décompresse quelques jours avant de retourner sur Ubud, ville accueillante, chaleureuse, aux habitants extraordinaires.

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LOMBOK

 

1 Commentaire sur “Lombok, île de contrastes”

  1. Sacré périple ! bisous ma belle

    Audrey
    Mai 3, 2013

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