Gili Trawangan / Gili Meno / Gili Air : paradis des plagistes, enfer des touristes !

Avr 24
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Cette petite île au large de Lombok, ainsi que ses petites sœurs Gili Meno et Gili Air, sont les étapes « paradis » de mon Tour du Monde. La location de  vélo pour en faire le tour, ainsi que le snorkeling (observation de la faune et flore marine avec masque, palmes et tuba) permettent d’en profiter pleinement.

Contrairement à Jérôme, je n’ai pas été chanceuse au point de voir des tortues au large de Gili Trawangan. Même après une séance de plongée, de magnifiques coraux et quelques murènes, je suis rentrée bredouille. J’ai été encadrée par une française (centre DSM, rue principale, que je recommande), l’expérience fut réussie malgré ma trouille (suite à une expérience foireuse en Croatie) ! Pas de photos, c’est dommage. Il faut s’imaginer nager dans un aquarium tellement la faune marine est présente, avec une palette de couleur infinie. Gili Trawangan est une zone vraiment aimée dans le milieu professionnel de la plongée, et connue dans le monde entier parmi les passionnés.

Concernant les tortues, il m’a fallu attendre une semaine, au large de Gili Air, pour en apercevoir deux à la suite : moment d’extase total. Alors que je demandais aux gens de Gili Air où trouver un bon sport de snorkeling, un gérant d’un centre de plongée (un Français) m’a proposé de l’accompagner en bateau avec ses clients pour me déposer à un endroit stratégique. Quelle chance, et le tout gratuitement ! J’embarque avec les plongeurs, et je passe une petite heure le museau dans l’eau. Deux superbes tortues luths, trois mètres sous moi, nageant paisiblement !

Avec Jérome, nous avons profité de notre première soirée pour faire une balade au coucher du soleil, longeant de magnifiques resorts étrangement vides, avant d’arriver à un bar reggae posé sur la plage, petit feu pour l’ambiance sur fond de Bob Marley. Ils sont nombreux à n’écouter que ça dans les coins. Cette micro-île déconnectée du reste du monde me séduit totalement.

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Lorsque Jérôme doit me quitter (il met le cap sur la Thaïlande), je commence à être un peu trop sollicitée à mon goût par les Indonésiens. A nouveau, ils veulent me parler, savoir où je vais, si je suis célibataire … Je les ignore, mais je ne fais pas 20 mètres sans entendre un « Hello, how are you ? Where do you come from ? » C’est carrément pénible. En me baladant à pied sur Gili Meno, un mec s’est mis à marcher avec moi un bon quart d’heure sans que je ne lui demande quoi que ce soit, avec des allusions plus que déplaisantes, avec vieilles blagues et compliments ringards. J’aurais pu le jeter méchamment, mais j’ai attendu qu’il parte de lui-même. C’est oppressant, et je pense qu’ils ne s’en rendent même pas compte.

 

Sur les trois iles, pas d’engins motorisés, seulement des vélos ou de carrioles traditionnelles à cheval appelées « cidomos« .

 

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Sur l’île de Trawangan comme sur celle de Meno, il existe ce qu’on appelle des « couvoirs à tortues ». Des associations indépendantes les unes des autres (la même chose existe sur Bali dans certains villages de bord de mer) ont pris l’initiative de lutter contre le braconnage et de sauver autant d’œufs que possible. Pour cela, ils récupèrent les œufs après la ponte ou les rachètent sur les marchés.

Sauf qu’il y a un hic : personne ne patrouille la nuit sur Gili Trawangan : les habitants guettent eux même les tortues, récupèrent les œufs, et vont le lendemain voir l’association qui paye les gens pour avoir les œufs. Cette tactique est perverse, car si tout le monde se met à gratouiller les œufs, il y a forcément de la perte. Sans parler du fait que l’on reste dans un esprit de marchandisation de la tortue, et que cette dernière ne peut décidément pas pondre tranquillement. On dénature tout. Ainsi les œufs sont ré-enterrés 40 jours jusqu’à ce que les bébés sortent.

Pour avoir discuté avec le responsable du projet, je suis restée très septique. En effet, il y a des bassins à la vue de tous avec quelques bébés tortues, et elles y restent jusqu’à l’âge de 10 mois, parfois 14 mois, mais pourquoi n’ont-elles pas été relâchées dès leur naissance ? Raison comico-officielle : il y a trop de courant (!), il faut attendre qu’elles soient assez grosses. Sérieusement ? Cet animal qui a côtoyé les dinosaures est programmé pour aller dans l’océan dès ses premières minutes. Courant ou pas. C’est la nature. N’oublions pas que l‘homme veut toujours tout contrôler et c’est encore un exemple ridicule que voilà. Les tortues se débâtent dans les bassins et n’attendent qu’une chose, la liberté. Je crois pourtant que je suis la seule à voir la chose sous cet angle là. Les badauds ne se posent aucune question et trouvent que c’est mignon tout plein.

Les nids de tortues marines comptent entre 70 et 90 œufs, parfois plus. Ici, je ne vois qu’une douzaine de tortues, je l’interroge. Où sont les autres ? On les lui vole au fur et à mesure (mouais, j’ai aussi pensé qu’il les revendait …). Il n’a pas le temps de surveiller. J’apprends qu’il a un restaurant, une agence de location de vélo, matériel de snorkeling, etc … Pourquoi ne pas mettre une protection ? Trop compliqué me dit-il. Je suis de plus en plus septique et mes questions l’agacent. Je lui demande si les gens les touchent, il me dit que c’est interdit. Évidemment, nos mains sont vectrices de maladies auxquelles sont sensibles les tortues. Il est tout à fait d’accord. Bref, il ne s’écoule pas deux minutes avant que deux touristes n’attrapent une tortue, la sorte sans ménagement du bassin, se prennent en photos avec elle à côté de la figure, et rient comme de gros abrutis. Je m’exclame, j’attends une réaction du type = zéro. Je suis choquée ! Où est le sérieux dans tout ça ?

Le pompon, c’est que bien sûr, ce sont les touristes qui financent tout ça, avec une grosse boite à dons à côté des bassins. Cela permet à ce cher monsieur d’investir dans ses activités annexes. Comble du dégoût, j’apprends trois jours plus tard que le gouvernement Indonésien aide également ce monsieur. Que faire … ?

A Gili Meno, même principe, mais je n’y rencontre pas le responsable, seulement un jeune étudiant nommé Ketut, très sérieux. Il s’occupe de l’activité et suit les tortues minutieusement. Il étudie l’aquaculture et a développé plusieurs protocoles de nourrissage afin de voir ce qui leur convient le mieux. Ici, les bébés tortues sont en grand nombre, on ne compte pas de vols car l’endroit est surveillé 24H/24. Beaucoup de panneaux et de documents afin d’expliquer les activités et de sensibiliser. Même petite boite à don, mais le site est tellement modeste que l‘on ne peut pas imaginer que le gérant gagne énormément avec ça. Toutefois, le gouvernement aide aussi et cela couvre largement la nourriture et les frais logistiques.

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J’aide Ketut pour la pesée quotidienne, le nettoyage des bassins et la distribution de nourriture. Même s’il n’y a vraiment rien à faire sur Gili Meno, ça valait le coup de passer par là rien que pour ça. Pour vous donner un ordre d’idée, on fait le tour de l’île en 50 minutes environ. En savoir plus sur ce projet : voici le site internet.

 

ANECDOTE 1 : Alors que je me baladais à vélo, à un petit quart d’heure de mon logement, une grosse pluie est arrivée. Et là, tu comprends ce que c’est la saison des pluies en Asie. Je savais que j’essuierai une grosse cirée comme celle là au moins une fois durant mon voyage. Et bien, ce fut ce jour là. En fait, il pleut autant au mètre carré que si vous étiez sous une douche. Personne n’en réchappe, pas même le moindre centimètre carré de vêtement. Les rues se sont transformées en ruisseaux (avec du courant tout de même), de l’eau au dessus des chevilles. Le courant m’a emporté une tong lorsque j’ai mis le pied à terre, impossible de la récupérer. Mais le pire, c’est d’avancer en vélo et de réussir à y voir quelque chose. Avec toute l’eau qui m’arrivait dans les yeux, ca a été assez compliqué. Vous avancez bien vous, si on vous asperge la figure non stop, tout en guidant votre vélo dans des rues inondées de 10 cm, sans savoir si il y a des creux ou des trous ? Pas le temps d’avoir peur, il faut rentrer à tout prix. Pas de photo, mon appareil n’est pas waterproof et n’aurait pas apprécié de boire la tasse.

 

 –  En vrac  –

Coin lecture

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Le défi du recyclage des déchets sur une île en  ! Demandez à faire re-remplir vos bouteilles, c’est souvent possible dans les restaurants et bars et c’est moins cher que de racheter une bouteille (et oui, ici l’eau du robinet n’est pas potable) ! La consommation de bouteilles plastiques sur Bali est un vrai problème qui s’est accru avec le tourisme.

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Coin cinéma

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ANECDOTE 2 : à la descente du bateau, on est systématiquement harcelés par les rabatteurs de logement (ce qui exaspère tous les voyageurs au passage). N’ayant rien réservé sur Gili Meno, la fatigue aidant, j’ai décidé d’en suivre un (je l’avais fait quelque fois avec Jérôme, pas de souci). Ils prennent souvent une petite commission, environ 1 euro, parfois 2.

Celui là m’emmène au seul endroit où il y a le wifi, eau chaude, etc … Logement sympa, pas cher, on entre dans la cour, puis la chambre (clé sur la porte), tout est ok. Je prends ! Il me demande de payer maintenant, ce qui se fat rarement, car habituellement on paye au moment du départ. Je lui donne ses 12 euros (150 000 Roupies), et il s’en va. Son sourire surexcité et le cirque qu’il m’a fait pour que je prenne sa chambre auraient dû me mettre sur la voie. J’ai croisé le VRAI propriétaire une heure plus tard, tout étonné de me voir là. L’autre mec a bluffé ! Je lui tire mon chapeau, même avec de l’expérience dans les pattes, je n’ai rien vu du tout ! J’étais un peu en colère les premières minutes, et puis finalement ça m’a fait plutôt rire. J’arrivais encore à en rire à ce moment là, …

Le lendemain à Gili Air, j’ai pris une chambre chez l’habitant, des gens adorables à qui j’ai loué également un vélo pour la journée + matériel de snorkeling (bonne cliente en somme). Tout sourire avec moi. Je  rentre tard et me rend compte que je n’ai pas de draps, ni de serviette de bain, ni de PQ, que le ventilo ne marche pas … Bon ok, il est 23 h, je ne vais pas les réveiller, mais bon, pas cool … Sans parler du bruit dès 6 heures du matin (élagage juste sous ma fenêtre). Au moment de prendre mon petit déjeuner, je ne dis rien, mais ils me font une gueule pas possible. Certains m’ignorent. Je suis sur le départ, mais je leur explique quand même : la fille regarde au loin, me rétorquant que si je voulais des draps, je n’avais qu’à demander. J’insiste (une vieille habitude chez moi), je voudrais comprendre, la serviette de bain, passons, mais le PQ ? J’avais qu’à demander. Je lui dit que j’ai mal dormi. Elle me répond « What can I do ? (Qu’est ce que je peux faire) Je lui dis : Just say Sorry for example (Juste dire Désolé par exemple). Ses yeux restent dans le vague, et moi je pars furax face à un comportement aussi irrespectueux.

Je trace ma route pour l’île de Lombok, qui ne sera pas de tout répit non plus ….

 
 

  ==> PHOTOS ICI <==

BALI

 

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